L'Ukraine bloque l'accès aux services Internet russes

L'Ukraine bloque des sites et services internet russes populaires

L'Ukraine bloque des sites et des services internet russes

Etant donné que plusieurs succursales ukrainiennes des éditeurs russes de logiciel seront touchées par ces sanctions, des milliers de programmeurs et d'administrateurs système seront aussi privés de travail.

Vivement critiquée par les internautes ukrainiens, cette décision intensifie la guerre économique, mais aussi la guerre de l'information, auxquelles se livrent Kiev et Moscou depuis l'annexion de la Crimée en mars 2014, suivie d'un conflit dans l'Est avec des séparatistes prorusses soutenus militairement selon les autorités ukrainiennes par la Russie qui dément. L'agence d'information internationale Rossiya Segodnya, dont Sputnik fait partie, les chaînes de télévision REN, Zvezda ou TV Centre, ainsi que des réseaux sociaux et services en ligne Yandex, Odnoklassniki, VKontakte et Mail.ru entre autres ont été frappés de sanctions pour une durée de trois ans. Les trois sociétés sont contrôlées par le milliardaire russe Alicher Ousmanov. Non seulement l'accès à ses services est bloqué mais ses actifs en Ukraine sont gelés et ses opérations commerciales et financières limitées. Ainsi, le laboratoire Kaspersky a déclaré que les sanctions n'empêcheraient pas la propagation de ses logiciels antivirus en Ukraine.

La Russie n'a pas exclu des mesures de rétorsion.

Expliquant sa décision par des besoins de "contre-propagande", le président Petro Porochenko, lui-même membre de ces réseaux, a annoncé sur VK la prochaine fermeture de sa page officielle et appelé ses concitoyens à "quitter immédiatement les serveurs russes à des fins de sécurité".

La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, a quant à elle parlé d'"interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre".

De nombreux internautes ont d'ailleurs relevé que les réseaux sociaux interdits, VK et Odnoklassniki, constituaient un moyen essentiel de communication pour les personnes vivant dans les régions en guerre, mais aussi un outil d'information sur ce qui s'y passe. Moscou a toujours rejeté ces affirmations, indiquant simplement que ses soldats ou volontaires avaient pu se rendre dans le Donbass sur leur temps libre.

Ce pays avait déjà suscité les critiques en 2015 en refusant à de nombreux journalistes russes mais aussi occidentaux ayant couvert le conflit l'entrée sur son territoire, ce qui avait contraint le président Porochenko à faire partiellement marche arrière.

Plus récemment, Kiev a interdit sur son sol la candidate russe à l'Eurovision, Ioulia Samoïlova, qui s'était produite en Crimée après l'annexion.

Les autorités ukrainiennes ont ainsi prohibé certains biens, films ou livres russes, restreint l'activité des filiales des banques russes ou fermé son espace aérien aux compagnies russes. Selon l'ancien chef de la filiale ukrainienne de Yandex, Sergueï Petrenko, plusieurs centaines de citoyens ukrainiens seront licenciés dans cette seule entreprise.

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