Affaire Assange: la plaignante "choquée", maintient ses accusations

Laurence SAUBADU Jean Michel CORNU Thomas SAINT-CRICQ AFP

Laurence SAUBADU Jean Michel CORNU Thomas SAINT-CRICQ AFP

Julian Assange a remporté vendredi son bras de fer avec la justice suédoise, qui a abandonné ses poursuites pour viol, même si le fondateur de WikiLeaks, réfugié dans une ambassade à Londres, devra patienter pour recouvrer sa liberté de mouvement.

"L'enquête peut être reprise si Julian Assange se retrouve en Suède avant 2020, l'année où expire le délai de prescription pour le crime pour lequel il est inculpé", a-t-elle déclaré devant les journalistes. Assange avait violé en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni. Vu qu'il a déjà enfreint son contrôle judiciaire, il risquerait d'être placé en détention provisoire.

"C'est une victoire totale pour Julian Assange". Il encourrait une peine allant d'une simple amende à jusqu'à un an d'emprisonnement.

L'Australien, qui s'est toujours défendu des accusations de viol, dénonce en effet une manœuvre pour le faire extrader vers les États-Unis, où il risque d'être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels. L'ancien président des États-Unis Barack Obama l'avait graciée quelques jours avant de quitter la Maison-Blanche.

L'administration Trump a répété en avril que son arrestation était une " priorité " de Washington.

WikiLeaks a pris acte de cette mise en garde.

Interrogé par l'AFP sur une possible extradition du Royaume-Uni vers les États-Unis, un porte-parole du Crown Prosecution Service britannique s'est borné à déclarer que " le gouvernement britannique ne confirme ni ne dément une demande d'extradition jusqu'à une éventuelle arrestation ait lieu ". "L'équipe de défense est disséminée à travers le monde, on communique entre nous pour essayer de comprendre les conséquences de cette décision qu'on attendait depuis si longtemps", a-t-il ajouté depuis Bruxelles.

Même en l'absence de mandat d'arrêt européen, la police britannique a prévenu qu'elle serait "obligée" d'arrêter Julian Assange s'il sortait de l'ambassade équatorienne à Londres. "Il est libre de quitter l'ambassade quand il veut", s'est réjoui un avocat suédois de M. Assange, Per Samuelsson.

Le parquet suédois chargé de l'enquête pour viol contre Julian Assange doit décider vendredi s'il renouvelle la demande de mandat d'arrêt européen contre le fondateur de WikiLeaks dans le cadre d'une procédure qui s'éternise depuis 2010.

Face à ces différentes menaces et aux nombreuses incertitudes juridiques, l'Australien pourrait en fin de compte décider qu'il est plus prudent de rester à l'ambassade d'Equateur.

Dans un communiqué, le juriste explique que son client est " le seul prisonnier politique officiellement reconnu par l'ONU en Europe de l'Ouest " et appelle le président français Emmanuel Macron à intervenir politiquement afin d'offrir à Julian Assange l'asile politique. Quoiqu'il en soit, il faut d'abord que Julian Assange en ait fini avec la justice britannique.

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