Emmanuel Macron a présenté sa méthode aux ministres

Edouard Philippe au Havre le 11 Mai 2017
          CHARLY TRIBALLEAU- AFP  Archives

Edouard Philippe au Havre le 11 Mai 2017 CHARLY TRIBALLEAU- AFP Archives

Visiblement soucieux d'éviter les couacs qui avaient plombé les premières années de l'ère Hollande, le nouveau chef de l'Etat a mis les points sur les i devant une équipe de 22 ministres et secrétaires d'Etat dont la moitié proviennent de la société civile.

Il est " évidemment bâti pour durer " au-delà des législatives, a assuré Édouard M. Philippe jeudi sur France Inter.

Edouard Philippe a énoncé jeudi des règles qui s'imposeront au gouvernement français nommé mercredi, en particulier sur la nécessité pour les ministres de démissionner des exécutifs locaux et d'agir avec pragmatisme sur le nucléaire, à quelques heures du premier conseil des ministres du quinquennat. Le porte-parole du nouveau gouvernement, Christophe Castaner, a rendu compte de cette réunion devant la presse.

Le nouveau président "va rappeler les circonstance exceptionnelles dans lesquelles l'élection présidentielle s'est déroulée, dans un contexte très particulier avec l'accession du Front national au second tour" qui "fait porter une responsabilité particulière" à l'exécutif, selon son entourage.

La parité sera presque parfaitement respectée autour de la table du conseil, avec onze femmes et onze hommes et autant de ministres de plein exercice de l'un comme de l'autre sexe parmi les membres du gouvernement, même si la présence d'Emmanuel Macron et du Premier ministre fera pencher la balance du côté masculin.

Pour Emmanuel Macron, a poursuivi le porte-parole qui s'exprimait pour la première fois devant la presse à l'issue du conseil des ministres, le rôle du président de la République est de "fixer la stratégie", de "donner un cap, un sens" et de préserver "les équilibres de nos institutions".

De gauche à droite: Annick Girardin, ministre des Outre-mer, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Christophe Castener, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Il doit se rendre vendredi sur la base de Gao au Mali, sa première visite pour saluer les troupes françaises, pour un aller-retour dans la journée. Même si "cohérence ne veut pas dire uniformité".

"Les ministres sont des militants de la majorité présidentielle, ils ne sont plus les militants de tel ou tel parti politique", a-t-il martelé.

Christophe Castaner a répondu aux questions des journalistes, qui n'ont pas pu, exceptionnellement, interpeller les ministres à la sortie de leur réunion, tenus à l'écart de la cour de l'Elysée, contrairement aux photographes, pour qui les membres du gouvernement ont longuement posé.

Nicolas Hulot (ci-dessus lors de son arrivée à l'Elysée), qui a longtemps refusé de participer aux précédents gouvernements, est devenu mercredi le ministre de la Transition écologique et solidaire d'Edouard Philippe.

Outre ces personnalités, le gouvernement comporte aussi quatre socialistes, deux radicaux de gauche, trois centristes, et deux venus des Républicains (LR).

"C'est assez malin de la part d'Emmanuel Macron de mettre les deux prises d'otage de droite à Bercy pour incarner l'augmentation des impôts et de la CSG", a raillé François Baroin, chef de file de LR pour les législatives.

Qualifié de duo libéral, Bruno Le Maire, à l'Économie, et Gérald Darmanin, à l'Action et aux comptes publics, ne se quittent plus.

Un peu plus de six Français sur dix (61%) se disent satisfaits de sa composition, selon un sondage Elabe pour la télévision BFMTV publié jeudi. 65% des personnes interrogées estiment qu'il incarne un "renouvellement", contre 33% d'un avis contraire.

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