Notre-Dame-des-Landes: un médiateur pour déminer l'épineux dossier

Nicolas Hulot et Cécile Duflot le 4 juin 2011 à La Rochelle-AFP  Archives  JEAN-PIERRE MULLER

EN DIRECT. Jour J pour le premier gouvernement du quinquennat Macron

Les leaders de la gauche ont saisi l'occasion de l'annonce de la composition du gouvernement d'Emmanuel Macron, afin de rappeler que, selon eux, le clivage gauche-droite existait toujours.

PARIS, 18 mai (Reuters) - Porte-parole très médiatique de la défense de la nature, Nicolas Hulot, numéro trois du premier gouvernement d'Emmanuel Macron, va être rapidement confronté à l'épreuve du pouvoir avec le dossier hautement symbolique de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui a empoisonné le dernier quinquennat.

Interrogé sur l'antenne de France Inter, Edouard Philippe estime que ce sujet de l'aéroport est "redoutablement complexe", il considère que "la tension sur place est à un point considérable", il juge donc indispensable la désignation d'un médiateur pour parvenir à un "choix éclairé, un choix éclairé, c'est quelque chose qui est mûri, pensé, discuté et assumé".

La désignation de l'ancien animateur au ministère de la Transition écologique réjouit les participants de Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Bonn. Pas de quoi désarmer pour autant les opposants qui ont contesté le périmètre dévolu à la consultation, limité au département de Loire-Atlantique. Nul doute qu'ils pourraient être prêts à batailler, à condition de créer les conditions pour que ce rapport de force public émerge et ne se règle pas dans les couloirs de Matignon ou de l'Elysée.

Ce compagnonnage au plus haut sommet de l'État a débuté avec Jacques Chirac, croisé à la fin des années des 90. "Le classement sans suite par les instances européennes des contentieux ouverts par les opposants montre que le projet de plateforme à Notre-Dame-des-Landes est techniquement, financièrement et environnementalement cohérent".

La diminution de la part du nucléaire dans le mix énergétique français, la fermeture de la centrale de Fessenheim, la transition énergétique vers une économie décarbonée, font partie de dossiers particulièrement épineux que le nouveau ministre va devoir gérer. A 62 ans, il entre pour la première fois dans un gouvernement.

Sur le nucléaire, Nicolas Hulot a concédé qu'on ne pouvait " se passer " de cette énergie mais a plaidé pour " une vision " dans le sens de la transition énergétique. Le nouveau ministre de la transition écologique est également historiquement hostile au traité de libre-échange avec le Canada (CETA), à l'inverse de la position d'Emmanuel Macron.

Une plate-forme qu'il faudrait, de plus, modifier ou agrandir pour faire face à la hausse du trafic: + 8% en 2016 avec plus de 4, 7 millions de passagers, soit la plus forte progression des aéroports de province.

Et si l'Etat enterrait le projet?

"Nicolas Hulot motive aussi sa décision par " l'urgence de la situation " qui lui impose de " tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos vœux ".

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