Une possible destitution pour Donald Trump, accablé par de nouveaux scandales

Illustration. Vladimir Poutine a estimé que régnait une schizophrénie politique aux Etats-Unis. LP

Illustration. Vladimir Poutine a estimé que régnait une schizophrénie politique aux Etats-Unis. LP

Ces phrases étaient la seule allusion du chef d'Etat, mercredi, à l'atmosphère de crise qui s'est répandue sur la capitale fédérale américaine depuis une semaine. M. Comey aurait tout consigné dans des notes, qui ont commencé à fuiter dans la presse.

Accusé le 15 mai d'avoir été trop bavard avec des diplomates russes lors d'une rencontre dans le Bureau ovale, le président des États-Unis est désormais soupçonné d'avoir voulu faire taire le FBI. Car depuis l'investiture du nouveau président, le 20 janvier, chaque jour ou presque donne lieu à une nouvelle "affaire ", mêlant sources anonymes et réactions contradictoires au sein de la Maison-Blanche, sur fond d'initiatives intempestives au sommet de l'État.

"Les événements des deux dernières semaines ont ébranlé ma confiance dans la compétence et la crédibilité de cette administration", a déclaré Chuck Schumer, chef de l'opposition démocrate du Sénat.

Le puissant Mitch McConnell, gardien de la feuille de route républicaine au Sénat, a regretté les "psychodrames" à répétitions, une rare admonestation.

Pour l'instant, les républicains refusent de se joindre aux appels de l'opposition démocrate à la nomination d'un procureur spécial pour reprendre l'enquête sur la Russie. "S'il a des accusations à faire, qu'il les fasse". "Il est temps d'avoir un vrai témoignage".

"Nous avons besoin des faits", a déclaré le président de la Chambre, Paul Ryan, appelant à garder la tête froide.

Des fissures commençaient à apparaître dans la digue républicaine. Mardi soir, le sénateur John McCain, adversaire de Barack Obama en 2008, n'a pas caché son exaspération lors d'un événement dans un "think tank " conservateur, se livrant à une comparaison avec le scandale du Watergate, qui avait poussé Richard Nixon à la démission. Si l'affaire se résumait in fine à la parole de M. Comey contre de M. Trump, "il est assez évident que je ferais plus confiance au directeur Comey", a-t-il lâché.

Les analystes indiquent que cette mauvaise disposition s'explique par les tensions liées à un récent article du New York Times selon lequel le Président Trump aurait demandé en février à James Comey, alors directeur du FBI, d'abandonner l'enquête sur les contacts russes de son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

La commission, qui enquête sur les ingérences russes durant la campagne présidentielle de 2016, a également formellement demandé au directeur par intérim du FBI, Andrew McCabe, la production de toute note rédigée par l'ancien directeur "sur tout échange qu'il aurait eu avec de hauts responsables de la Maison Blanche et du ministère de la Justice et relatif aux investigations sur les actions russes".

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