De nombreux civils tués dans une frappe de la coalition — Syrie

Des soldats de l'armée de Bachar al Assad

Des soldats de l'armée de Bachar al Assad

Damas et Moscou, les capitales syrienne et russe, condamnent ce vendredi le bombardement d'un convoi lié au régime syrien dans le Sud-Est de la Syrie, jeudi, par les Etats-Unis.

Un porte-parole militaire de la coalition antijihadiste, le colonel Ryan Dillon, avait évoqué jeudi un convoi de "forces pro-régime" et un autre responsable américain avait dit qu'il s'agissait "probablement" de milices chiites, sans être plus précis sur leur identité.

Selon le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom), la frappe a détruit un tank, un bulldozer, un tracteur et un excavateur. Cette source souligne que "l'armée continuera à accomplir son devoir dans sa lutte contre Daech (NDLR: acronyme arabe du groupe Etat islamique) et la défense de tout son territoire et ne se laissera pas intimider par les tentatives de la soi-disant coalition de l'empêcher de mener son devoir sacré".

Un jour avant la frappe de la coalition contre des militaires syriens, la coalition anti-Daech conduite par les États-Unis a mené une autre frappe contre des civils.

"Aucune partie n'a le droit de déterminer le cours de ses opérations contre ces groupes terroristes", a-t-elle ajouté.

Et alors que "califat" autoproclamé par l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie se réduit à peau de chagrin, les protagonistes du conflit essaient de s'emparer de ses restes.

La coalition espère voir les rebelles qu'elle y entraîne remonter vers le nord pour attaquer le groupe Etat islamique dans la région de Boukamal, dans la vallée de l'Euphrate.

Pour le régime, cette position est importante car son objectif est de contrôler l'autoroute Damas-Bagdad et ainsi faire à la fois la liaison avec des forces alliées qui se trouvent en Irak, et empêcher les rebelles pro-occidentaux de remonter par le sud vers la province de Damas. L'objectif est de s'emparer de la région pétrolière de Deir Ezzor, où une garnison et l'aéroport militaire sont assiégés depuis des années par l'EI et aussi de contenir les forces soutenues par les États-Unis, qu'il s'agisse de l'alliance arabo-kurde dénommée Forces démocratiques syriennes (FDS) qui tente de s'emparer de Raqa ou des rebelles stationnés à al-Tanaf.

Pour Guennadi Gatilov, ces négociations doivent se concentrer sur "la mise en place des zones de désescalade", prévues par un accord signé à Astana le 4 mai et qui a déjà permis une réduction relative des combats dans plusieurs régions du pays.

La Russie a également condamné vendredi ce bombardement qu'elle a qualifié par la voix de son chef de la diplomatie d'"illégitime".

" Juste un jour avant, une frappe a été menée, faisant beaucoup de morts parmi la population civile en Syrie, ce qui est inacceptable et ne contribue pas, certes, à la création d'un climat politique favorable", a dit le diplomate.

Selon lui, Al-Tanaf est en effet située dans une des zones qui font l'objet d'un accord entre coalition et Russie pour éviter tout incident entre leurs forces respectives. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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