Israël fait profil bas face au scandale des informations classifiées de Trump

SAUL LOEB

Entretien téléphonique Trump-Netanyahu avant la visite du président américain

Trump et Netanyahu se sont parlé pendant 20 minutes et "le seul sujet de discussion a consisté dans la visite à venir", a dit le porte-parole.

Les responsables israéliens ont adopté un profil très bas devant ces informations qui lient le nom de leur pays au scandale depuis mardi soir, moins d'une semaine avant la venue du président américain attendu lundi.

Selon le Washington Post et d'autres médias, M. Trump a dévoilé la semaine passée à des responsables russes reçus à la Maison Blanche, des informations hautement classifiées et provenant d'un partenaire des Etats-Unis sur un projet de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) de piéger des ordinateurs portables susceptibles d'exploser à bord d'un avion. Celle-ci exprimait la nécessité d'une réévaluation du partage d'informations. Certes, Benyamin Nétanyahou a interdit à ses ministres de commenter publiquement l'affaire, qui a d'ailleurs été démentie mercredi par Vladimir Poutine.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman tweetait que "les relations sécuritaires entre Israël et les Etats-Unis, notre plus grand allié, sont profondes, importantes et sans précédent par leur étendue".

Peri, qui a dirigé les services de sécurité interne israéliens entre 1988 et 1994, est actuellement membre du parlement pour le parti centriste Yesh Atid, a déclaré que la fuite de Trump "est une préoccupation pour les forces du renseignement israélien" ajoutant qu'il "espère que cela ne causera pas de réels dommages".

A quelques jours de la visite du président américain, l'Etat hébreu ne digère pas la divulgation de renseignements du Mossad auprès des Russes. Ils évoquaient le danger que des méthodes ou des sources soient compromises et que des informations passent de la Russie à l'Iran ou au Hezbollah libanais, deux ennemis d'Israël. "Je ne sais pas si l'information venait d'Israël, mais si quelqu'un fournit une donnée sensible aux Américains, ils ne doivent pas la transmettre à un tiers, et surement pas à la Russie, qui a des liens avec la Syrie et l'Iran", estime l'ancien patron du Mossad Dany Yatom.

Israël, également préoccupé par le jihadisme, a un intérêt évident à s'intéresser de près à son voisin syrien, où l'EI sévit. Le groupe ultraradical avait revendiqué en 2015 l'exécution d'un Arabe israélien accusé d'espionner pour le Mossad, les services secrets israéliens. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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