L'histoire sans fin — Affaire Grégory

Grégory Jacqueline Jacob mise en examen pour séquestration suivie de mort
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Grégory Jacqueline Jacob mise en examen pour séquestration suivie de mort AFP Archives

Si le petit Gregory, noyé pieds et mains liés dans la Vologne le 16 octobre 1984, a trouvé depuis longtemps son épitaphe, l'affaire Grégory, elle, ne semble pas près de connaître son épilogue.

Le première lettre du corbeau. A chaque fois, une personne est au centre des menaces: le père de Grégory, Jean-Marie Villemin. AFP Bernard Laroche, inculpé du meurtre de son neveu, Grégory Villemin, arrive le 5 novembre 1984 au tribunal d'Epinal, escorté par les gendarmes qui viennent de l'arrêter. Le vendredi 16 juin, Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort.

La grand-tante du petit Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, a été mise en examen vendredi après-midi à Dijon (Côte-d'Or) pour enlèvement et séquestration suivie de mort, dans le cadre de l'affaire du "petit Grégory". Il a ensuite précisé qu'il allait rapidement demander "la nullité de la mise en examen " de son client, qui aurait dû seulement être placé sous le statut de témoin assisté, selon lui.

Selon les nouveaux éléments de l'enquête, le couple Jacob s'adonnait à l'échangisme, une pratique qui, une fois ébruitée, a d'autant accentué le climat délétère au sein de la famille Villemin. "Je ne comprends pas", a-t-il déclaré à l'AFP.

Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé des notes du suspect dans lesquelles il affirme qu'il n'est pas le meurtrier de l'enfant, selon une source proche du dossier. Mais les déclarations confuses, incomplètes, hier, du procureur général de la République de Dijon ne laissent pas présager un proche dénouement de l'affaire. Jacqueline Jacob et Marcel Jacob, eux, se murent dans le silence, ce silence et ce secret, lourd comme du plomb, qui pèse depuis 32 ans sur la mort de ce petit enfant.

12h00: La garde à vue de trois membres de la famille Villemin, interpellés mercredi dans les Vosges, se poursuivait jeudi à Dijon, après un minutieux travail de relecture et d'analyse du dossier de l'affaire Grégory, parmi les plus énigmatiques et emblématiques des années 1980. "Ce sont des gens charmants", s'insurge, sidéré, un des voisins des grands-parents Villemin. Premier suspect dans l'affaire, il a été libéré puis tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, son cousin. C'est donc bien le "clan " Laroche qui se retrouve à nouveau au coeur de l'enquête, avec cette variante essentielle: Laroche n'est plus soupçonné d'être l'assassin mais le ravisseur. Jean-Jacques Bosc a ajouté: "A ce stade, les investigations montrent qu'à l'évidence plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime".

Plusieurs pistes amèneraient à la désigner comme le corbeau: une analyse d'écriture d'une des lettres, mais également des cordelettes trouvées dans sa cave ainsi que des témoignages affirmant l'avoir vu à la Poste le jour du meurtre, et donc le jour où la lettre de revendication a été postée. L'incertitude planait à l'époque sur son emploi du temps au moment du meurtre, mais il n'avait jamais été inquiété par la justice jusque-là.

Un logiciel d'analyse criminelle, conçu par la gendarmerie et fréquemment utilisé pour résoudre les "cold cases", a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences "qui avaient jusque-là échappé aux enquêteurs".

Si la réussite de son fils Jean-Marie lui inspire une admiration sans borne, ses sentiments à lendroit de sa belle-fille Christine sont contrastés: lorsque la mère de Grégory est soupçonnée dêtre lassassin de son propre fils, Monique Villemin se constitue partie civile et soutient laccusation.

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