Doté d'une majorité nette, Macron a les mains libres — Législatives

Législatives: vers une majorité écrasante pour La République en Marche

Macron en passe d'obtenir une majorité écrasante à l'Assemblée

Emmanuel Macron a obtenu dimanche une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République lors du second tour des élections législatives, mais moins écrasante qu'attendu et avec une abstention record.

Quelque 47 millions d'électeurs sont appelés à voter, depuis 08H00 en métropole et jusqu'à 18H00, voire 20H00 dans la plupart des grandes villes. Ceux de l'outremer - Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélémy - votent dès ce samedi, avant la métropole dimanche.

Après le succès de REM dimanche dernier, le chef de l'État attend "une confirmation" qui lui permettrait d'appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail ou la loi de moralisation politique au programme du Parlement en juillet.

Son jeune mouvement, allié aux centristes du MoDem, pourrait ravir 400 à 470 circonscriptions sur 577, selon les projections des instituts de sondage.

Autre certitude, le renouvellement de l'Assemblée s'annonce d'une ampleur inédite, sous l'effet de la vague Macron qui ouvre les portes à des centaines de nouveaux élus, dont de nombreux novices en politique.

Avec seulement 222 députés sortants au second tour, et 40% de candidates, c'est aussi une Assemblée nationale profondément renouvelée et féminisée qui sortira des urnes.

Ce scrutin devrait être marqué par une nouvelle poussée de l'abstention au terme d'une longue séquence électorale, entamée dès l'automne avec la primaire de la droite, qui aura vu la déroute des partis traditionnels et un bouleversement quasiment sans précédent du paysage politique. Le 11 juin, l'abstention s'était élevée à 51,29% des inscrits, un taux déjà historiquement élevé. Elle pourrait grimper ce dimanche jusqu'à 53% à 54%, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012 (44,6% au second tour).

"Il y a un an, personne n'aurait imaginé un tel renouvellement politique", s'est félicité le Premier ministre Edouard Philippe. "En France, le vote n'est pas obligatoire (.), c'est à la fois un droit et un devoir".

REM présente 454 candidats pour ce second tour, devant Les Républicains (264), le FN (120), La France insoumise (67), le Parti socialiste (65) et le MoDem (62). "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Loin derrière, les deux familles politiques, droite et gauche, qui structurent la vie politique française depuis des décennies devraient enregistrer de sérieux revers, avec l'effondrement du Parti socialiste et Les Républicains en grandes difficultés.

Avec 21,56% des voix, LR allié à l'UDI ne peut espérer, selon les projections, que de 60 à 130 sièges, contre plus de 225 dans l'Assemblée sortante.

Le Front national obtient huit sièges et sa présidente Marine Le Pen découvrira le Palais-Bourbon, de même que son compagnon Louis Aliot.

Un groupe parlementaire doit compter au moins 15 députés.

Le FN (13,3% le 11 juin) n'est crédité que de 1 à 5 sièges.

Sont en revanche battus: les anciens ministres de gauche Marisol Touraine, Jean-Jacques Urvoas, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

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