Bertrand (LR): "Il y a un problème Bayrou"

Enquête sur des assistants parlementaires du MoDem les affaires jusqu'au bout des législatives

France Enquête sur des assistants parlementaires du MoDem les affaires jusqu'au bout des législatives

En appelant l'un des directeurs de Radio France pour se plaindre des "méthodes" des journalistes qui enquêtaient sur l'affaire des assistants parlementaires du MoDem, François Bayrou ne se doutait sans doute pas que cela conduirait au premier couac gouvernemental. Dans ce cas, le coup de fil s'adressait directement au directeur de la cellule investigations de Radio France pour le menacer d'une plainte pour harcèlement.

Christophe Castaner a estimé mercredi que "toute tentative d'influence" de ministres auprès de médias était "nocive au fonctionnement démocratique", "c'est un principe absolu". Interrogée sur "la légitimité" du ministre de la Justice à porter ce texte de loi, Christiane Taubira a refusé de se prononcer.

Son parti est visé par une enquête préliminaire, ouverte vendredi par le parquet de Paris, qui vise à savoir si le MoDem a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens. Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Justice François Bayrou voulaient tourner mercredi la page de leurs échanges tendus, la veille, par médias interposés.

"Edouard Philippe a rappelé mardi son Garde des Sceaux à son devoir d'" exemplarité ", soulignant que " quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen ". Mardi, le Conseil d'État a adressé une première déconvenue au ministre, remettant en question, dans un avis consultatif, sa proposition de "banque de la démocratie", destinée à accorder des prêts aux partis politiques pour faciliter le financement des campagnes électorales. Mais dans les faits, le chef de l'État suit la situation de près et si François Bayrou devient trop gênant, il n'aura aucun scrupule, explique l'un de ses proches.

Une position qui contraste avec celle qu'il adoptait en 2007, lorsqu'il dénonçait sur le même média les pressions de Nicolas Sarkozy, alors président: "Des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée".

"Il faut de la liberté de parole, je ne sais pas vivre sans la liberté de parole", a déclaré le garde des Sceaux. Je n'ai pas l'intention de me mettre un bâillon " insiste-t-il dans Le Monde.

"La décision a été prise ce matin qu'en parallèle du process législatif, peut-être même pour éclairer le process législatif, va être mise en place une consultation publique pour entendre les remarques des Français", a aussi dit Christophe Castaner. Et on est consterné que François Bayrou, qui n'est pas un perdreau de l'année, n'ait pas imaginé que Jacques Monin allait rendre l'affaire publique. Véritable symbole de ce nouveau quinquennat, ce projet de loi vise à rétablir la "confiance" dans le système politique.

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