Chanson sur la mort du torero Ivan Fandiño

Des gens déposent fleurs et bougies à la mémoire du torero espagnol Ivan Fandiño mort à Aire-sur-l'Adour le 17 juin

Des gens déposent fleurs et bougies à la mémoire du torero espagnol Ivan Fandiño mort à Aire-sur-l'Adour le 17 juin. IROZ GAIZKA AFP

Après la mort d'un torero, cette chanson humoristique ne fait pas l'unanimité.

Plus de 1000 signalements reçus au CSA: voici la conséquence d'une chanson se moquant du décès d'un torero espagnol diffusée vendredi dans l'émission de Charline Vanhoenacker, Si tu écoutes, j'annule tout . Le matator est décédé après avoir été encorné par un taureau dans les arènes d'Aire-sur-l'Adour le 17 juin dernier.

Frédéric Fromet, à l'antenne, promet une "chanson festive". Les termes du titre sont assez éloquents et dirigés contre Ivan Fandiño, avec par exemple: "Tu t'es bien fait encorné, fallait pas faire le kéké", "gicle, gicle tes boyaux", "t'es parti comme une bouse", "le sang en gaspacho", "brochette espagnola", "superbe tortilla", "le foie dans la paella", "réduit en chorizo", "petites couilles en tapas". Ce dimanche, l'Union des villes taurines de France (UVTF), dont sont adhérentes les communes béarnaises d'Orthez et de Garlin, a annoncé dans un communiqué avoir saisi, conjointement avec l'Observatoire national des cultures taurines, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Et les deux organismes de déclarer de concert: "C'est avec effarement et consternation que nous avons pris connaissance de la chanson de Frédéric Fromet diffusée sur France Inter, tout au long de laquelle sont dépassées les limites de la bêtise, mais surtout de l'ignominie (...) Comment peut-on perdre à ce point le sens de l'humain et se vautrer dans la méchanceté gratuite, au moment où une famille perd son fils, son époux, son père, et des millions d'aficionados un artiste admiré?" Mais d'un autre, ils estiment "que les limites admissibles de la liberté d'expression que fixent la jurisprudence, ont été largement dépassées".

"Que la chanson de Frédéric Fromet puisse choquer, je le comprends tout à fait, qu'on puisse considérer qu'elle soit de mauvais goût, pourquoi pas, maintenant c'est la loi du genre, le régime de la caricature, de la parodie, de l'outrance", a-t-elle développé, ajoutant que l'humoriste avait "exprimé une fracture extrêmement sauvage entre ceux qui sont pour la corrida et les anti-corridas".

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