Le Qatar accuse les Emirats d'avoir piraté son agence de presse

L'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani lors d'un réunion du Conseil de coopération du Golfe à Bahreïn en décembre 2016

Les Emirats arabes unis impliqués dans le piratage du Qatar (média US)

L'agence de presse d'Etat du Qatar avait publié le 24 mai dernier un message dans lequel l'émir qui dirige ce pays, se montrait positif à l'égard de l'Iran. De son côté, Abou Dabi réfute toute tentative de cyberattaque suite à l'article du Washington Post. Des sanctions économiques ont aussi été instaurées pour isoler le petit émirat, "mis en quarantaine".

Le Post, qui cite les services secrets américains, a rapporté dimanche soir que les Emirats arabes unis avaient fait en sorte que soient piratés fin mai les réseaux sociaux et les sites d'informations qataris dans le but de faire apparaître des citations fausses, mais particulièrement acérées, de l'émir du Qatar, ce qui a déclenché la crise en cours dans la région. Le Qatar, qui a le soutien de la Turquie, rejette fermement ces allégations. Dans la foulée, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahrein et l'Egypte coupaient leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Des propos très mal reçus dans les monarchies arabes du Golfe dans la mesure où la République islamique chiite est le principal ennemi de l'Arabie saoudite, chef de file du monde sunnite, et aussi d'Israël, qui cherche des appuis auprès des pétromonarchies afin de constituer un "rempart stratégique" arabe pour se protéger de l'Iran.

Mais tout cela pourrait-il être une machination?

En attribuant des déclarations compromettantes à l'émir du Qatar, on créait un prétexte pour rompre les liens avec Doha, dont l'ambition et certaines positions ambiguës dérangent les autres pays arabes. Ces propos ne sont pas neufs - son homologue saoudien, Adel Al-Jubeir, avait encore, le 6 juillet à Paris, invité le Qatar à "changer sa politique" - mais ils ont le mérite de souligner l'effet de "sur-place" dans l'actuelle crise du Golfe. Le quotidien US révèle que c'est ce que pensent des agents du renseignement américains. Mais le mois dernier, le Qatar évoquait pour sa part des 'pays voisins'.

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