L'île de Guam entre inquiétude et indifférence après les menaces de Pyongyang

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Le Président américain Donald Trump a promis mardi le "le feu et la colère" à la Corée du Nord si elle menaçait de nouveau son pays. Il s'agirait d'"un avertissement crucial aux Etats-Unis". Le Japon, qui a averti par le passé qu'il abattrait tout missile menaçant son territoire, a réaffirmé qu'il ne " tolérera jamais les provocations " du pays reclus. Ce qui n'empêche pas le Guam Daily Post d'expliquer dans un éditorial que si les habitants ont l'habitude des menaces nord-coréennes, la situation est plus précaire aujourd'hui car "il y a maintenant un commandant-en-chef fougueux, qui n'a pas autant de sang froid que ça, à la Maison Blanche".

Ce déploiement a débuté à Shimane, Hiroshima et Kochi, dans l'ouest du Japon, a détaillé la chaîne de télévision publique japonaise NHK, précisant qu'il devait aussi avoir lieu à Ehime.

Des habitants de Guam, île américaine du Pacifique à proximité de laquelle la Corée du Nord projette de lancer des missiles, ont confié samedi à l'AFP qu'ils préféreraient affronter le leader "fou" Kim Jong-Un plutôt qu'un typhon. Le même jour, l'agence KCNA a annoncé, citant un communiqué des Forces stratégiques nord-coréennes, que Pyongyang étudiait la possibilité de frapper les bases américaines de Guam, à 4.000 km de Pyongyang, par des missiles stratégiques Hwasong-12. Le professeur Yang Moo-Jin, de l'université des Études nord-coréennes de Séoul, souligne le caractère inhabituel des précisions fournies par Pyongyang.

Dans ce climat tendu, l'Union européenne a annoncé jeudi avoir ajouté de nouvelles personnalités et entités nord-coréennes sur sa liste noire, qui comprend désormais 103 personnes et 57 entités, dont la banque étatique Foreign Trade Bank (FTB). "Le Nord semble être en train de dire que ce qu'il va faire sera conforme au droit international", a-t-il dit à l'AFP. Si Washington laisse les missiles s'écraser, sa crédibilité pourrait en prendre un coup et donner des ailes à Pyongyang. Comme si l'escalade verbale entre Pyongyang et Washington ne concernait que les capitales respectives.

Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat, a assuré que les Etats-Unis parlaient "d'une seule voix", en réponse aux spéculations sur le fait que M. Trump aurait pris son entourage par surprise. Arrêté en janvier 2015, il avait été accusé d'actes subversifs contre le régime nord-coréen, ce que les autorités canadiennes ont toujours vigoureusement démenti.

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