Migrants : la Libye interdit les navires étrangers près de ses côtes

Un jeune garçon est transféré sur le Prudence au large des côtes libyennes le 9 juin 2017

Un jeune garçon est transféré sur le Prudence au large des côtes libyennes le 9 juin 2017

S'il n'entend pas jeter l'éponge, l'équipage de l'Aquarius a décidé de rester sagement à 24 milles maritimes, à la limite de la zone où Tripoli a le droit de faire respecter ses lois nationales en matière de migration.

Jeudi 10 août, la marine libyenne a annoncé, la création d'une zone de recherche et de sauvetage au large de ses côtes. Son accès est interdit aux navires étrangers afin d'en éloigner les ONG, que Tripoli accuse de collusion avec les réseaux de passeurs. Sur franceinfo, samedi, Françoise Boucher-Saulmier, la directrice juridique de MSF, a évoqué la menace posée par les garde-côtes libyens et les entraves imposées par le gouvernement italien. "Nous laissons un vide mortel en Méditerranée", a aussi estimé son fondateur, Michael Buschheuer, en soulignant que son organisation avait sauvé environ 12.000 personnes en Méditerranée depuis avril 2016.

Le Prudence est le plus gros des bateaux de secours d'ONG actifs au large des côtes libyennes: il avait recueilli notamment un record de 1.500 personnes fin mai.

L'Aquarius patrouille depuis dix jours à 20 milles nautiques au nord de la Libye -une distance à laquelle on peut distinguer les côtes libyennes depuis le bateau-, en se retirant à 30 milles la nuit.

Pour Angelino Alfano, la moindre présence des ONG, accusées par leurs détracteurs d'être devenues des "taxis" de migrants, est plutôt positive. "Pour l'instant, nous poursuivons notre activité de patrouille dans les eaux internationales", avait expliqué vendredi Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord de l'Aquarius.

Et selon lui, "les enquêtes de quelques procureurs siciliens ont créé le contexte +culturel+ approprié pour obtenir le code des ONG".

En parallèle, une enquête menée à l'Ouest de la Sicile a conduit à la saisie du bateau d'une ONG allemande pour des soupçons de liens directs avec des trafiquants au large de la Libye.

Dimanche deux autres organisations non gouvernementales, l'allemande Sea Eye et la britannique Save the children, ont également décidé de garder leurs trois navires à quai.

"Nous avons fait deux choix: celui de soustraire des gains criminels aux trafiquants -parce que moins il y a de personnes qui partent, moins cela rapporte aux trafiquants- et celui de financer les agences de l'Onu -l'UNHCR et l'OIM- pour assurer des normes respectueuses des droits humains dans les camps libyens", a insisté M. Alfano.

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