Atteinte, l'écrivaine Anne Bert explique vouloir se faire euthanasier — Maladie de Charcot

Les mots déchirants d'Anne Bert, dont le souhait est de mourir dans la dignité

Maladie de Charcot : choisir de mourir

C'est en Belgique qu'elle vivra sa dernière heure puisque c'est là qu'elle se fera euthanasier. "La loi Leonetti est hypocrite", a-t-elle fait savoir."Devoir partir, c'est une violence inouïe", reconnaît-elle, expliquant n'avoir pas d'autre choix tant la maladie de Charcot vous "paralyse en quelques années". Combattre cette maladie est peine perdue dans son cas. Un jour, elle sera paralysée totalement, et mourra, dans la panique de l'étouffement.

Alors, pour avoir le droit de partir comme elle le souhaite, pour faire souffrir ses proches le moins possible, Anne Bert s'est tournée vers la Belgique, où une loi autorise le suicide assisté à l'hôpital ou à domicile. Parce qu'elle sait que le jour viendra où elle ne pourra plus rien faire par elle-même et se trouvera dans un état végétatif, elle a décidé de mourir dignement. "Je commence à avoir dépassé cette limite" explique l'écrivain. Alors Anne Bert a choisi de ne pas vivre l'agonie qui lui est promise. "En fait je suis sur un fil comme une équilibriste, et pour ne pas tomber, il faut faire attention, c'est peut-être pour ça que je reste calme". Cette romancière française avait interpellé les candidats à la présidentielle en mars dernier afin qu'un grand débat public soit enfin programmé dans notre pays. Porte-étendard de la cause qu'elle défend, l'équipe d'Emmanuel Macron lui a répondu que "les questions éthiques et sociétales n'étaient pas une priorité".

Anne Bert s'exprime parfaitement bien, cache sa douleur et "maitrise" de son propre aveu la "souffrance (qu'elle) a en (elle)". Sur France Inter mercredi, elle a confié n'avoir pas encore "fixé de date" à sa mort, tout en indiquant qu'il était de plus en plus difficile pour elle de vivre au quotidien. Ce livre ce n'est pas pour elle qu'elle l'a écrit. Le tout dernier été est son combat, un livre qui "parle plus du goût de la vie que de l'horreur de la mort". Elle le conclut par "on n'est pas sérieux quand on va mourir".

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