Menacé d'une amende de 5 milliards d'euros, PSA chute en Bourse

L’enquête des services de Bercy conclut que Peugeot-Citroën a usé d’un stratagème pour fausser les résultats des tests antipollution. Le groupe automobile dément toute volonté de fraude

« Dieselgate » : PSA et sa « stratégie globale visant à fabriquer des moteurs frauduleux »

La recension effectuée par la DGCCRF citée par Le Monde mentionne qu'"au moins 1 914 965 véhicules diesel de génération Euro 5 (la norme en vigueur jusqu'en 2015) dont le moteur fonctionne selon les stratégies frauduleuses, objet du présent procès-verbal" ont été vendus en France entre le 1er septembre 2009 et le 1er septembre 2015.

Cette amélioration des comptes avait permis en mars dernier le désengagement de l'Etat, entré au capital en 2013 pour sauver le groupe, et qui a depuis revendu ses parts à Bpifrance. PSA est soupçonné d'avoir manipulé ses moteurs diesel afin qu'ils émettent moins d'oxyde d'azote, un gaz polluant, lors des tests d'homologation, qu'en conduite réelle.

Après Volkswagen, Renault et Fiat Chrysler, au tour de PSA d'être éclaboussé par le scandale du "Dieselgate". Les modèles concernés par un système de dépollution aux paramétrages qui permettaient de favoriser les résultats lors les tests d'homologation sont en partie connus Peugeot 208, 807 et 5008, Citroën C3 et C5.

Selon le journal, "les moteurs étaient paramétrés selon deux modes de fonctionnement: un mode LowNox qui abaisse les NOx mais augmente la consommation et réduit la reprise du véhicule, et un mode LowCO2 qui réduit la consommation, favorise la reprise mais augmente de manière significative les NOx". Le coeur de la fraude présumée repose sur les niveaux d'oxydes d'azote (NOx) émis par les moteurs diesel.

Dans un communiqué, le Groupe PSA indique qu'il n'a pas été contacté par la justice et qu'il n'a pas non plus eu accès au rapport des enquêteurs. Le quotidien Le Monde révèle ce vendredi le contenu d'un procès-verbal d'infraction réalisé par la répression des fraudes (DGCCRF) au sujet du groupe automobile français PSA. Le constructeur peut alors passer avec succès les tests d'homologation grâce au mode "LowNox", rarement activé en conditions réelles de conduite.

Calibrage du moteur. Lors de perquisitions au siège de PSA, les enquêteurs ont mis la main sur un document au nom plutôt explicite: "dossier technique émissions stratégie diesel Euro 5". Le groupe "se réserve le droit de porter plainte pour violation du secret de l'instruction et des obligations de confidentialité des autorités". L'actuel président, Carlos Tavares, est de son côté cité comme représentant légal et s'expose aussi à des poursuites en tant que personne morale. Le rapport met en cause trois anciens patrons du constructeur, Jean-Martin Folz, Christian Streiff et Philippe Varin, comme responsables présumés en tant que personnes physiques.

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