Un accord entre l'État et les sociétés d'autoroutes — Hausse des péages

Cette accord secret prévoirait des hausses de tarifs additionnelles chaque année de 2019 à 2023

Cette accord secret prévoirait des hausses de tarifs additionnelles chaque année de 2019 à 2023

C'est ce qui ressort d'un accord signé en 2015 entre l'État et les sociétés d'autoroutes, resté secret jusqu'à présent et divulgué par L'oeil du 20h de France 2 lundi.

Paraphé par Emmanuel Macron, ministre de l'Economie de l'époque, et Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, l'accord avait pour but de calmer la grogne des sociétés d'autoroutes après la prononciation d'un gel des tarifs des péages pour l'année 2015. Après négociation avec leurs représentants, l'Etat finit par signer un accord, une sortie de crise. Selon France 2, il implique un financement de 3,2 milliards de travaux sur 10 ans par les entreprises. En échange, elles obtiennent une stabilité fiscale et une clause pour allonger la durée des concessions. Selon l'Arafer, autorité indépendante de contrôlée, le surcoût pour les automobilistes atteindrait 500 millions d'euros. Un chiffre que les sociétés d'autoroutes contestent.

Selon la chaîne, cette conséquence du gel des tarifs de 2015 pourrait coûter plus cher aux automobilistes que ce qui était prévu à l'origine.

Pour comprendre l'affaire, il faut remonter en 2015. Et là c'est le pompon: les dividendes versés aux actionnaires des autoroutiers ont progressé cette année-là de 127%, pour atteindre 3,3 milliards d'euros, c'est-à-dire le tiers du chiffre d'affaires réalisé cette année-là. Pas vraiment, de nouvelles hausses sont déjà prévues. En janvier dernier était annoncé un plan de travaux national de 803 millions d'euros. En effet, une partie du coût des travaux serait surestimé par les sociétés d'autoroutes.

Or, selon l'Arafer, "sur les 800 millions d'euros, il y a 87 millions qui sont des opérations qui figuraient déjà dans les accords initiaux". "Il n'y a pas à faire payer l'usager une deuxième fois pour ces investissements qui sont une obligation contractuelle", confie un responsable à France 2. Ici, c'est le département qui a fait construire cette nouvelle aire de covoiturage. Par exemple, comment expliquer qu'une place d'aire de covoiturage soit estimée à 7 000€ sur l'autoroute Paris - Normandie alors qu'elle attient en moyenne 3 000€ dans le département de l'Eure.

Ce dernier suivra-t-il les avis de l'autorité de régulation? "Ce qui a été découvert par l'autorité notamment sur des coûts qui paraissent surprenants n'est pas acceptable, là-aussi il faut de la transparence pour connaître la réalité des coûts et faire en sorte que tout cela soit beaucoup plus équitable et transparent que ça ne l'est aujourd'hui". Ce sera à lui de valider ou non le montant des travaux annoncés par les sociétés d'autoroutes.

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