Rohingyas : Aung San Suu Kyi annule un déplacement à l'ONU

Rohingyas : Aung San Suu Kyi annule un déplacement à l'ONU

Trudeau téléphone à Aung San Suu Kyi

Le Conseil de sécurité s'est réuni mercredi à huis clos pour discuter des violences dans l'Etat birman du Rakhine (ouest) qui ont déclenché l'exode de réfugiés rohingyas vers le Bangladesh.

Une situation qui n'a pas laissé le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, indifférent. Les chancelleries occidentales restent d'ailleurs très prudentes sur le sujet, craignant de déstabiliser par d'éventuelles critiques Aung San suu Kyi et donc la transition démocratique birmane.

Le cabinet du premier ministre a soutenu mercredi que M. Trudeau avait insisté auprès de Mme Suu Kyi pour que les leaders militaires et civils du pays prennent une position ferme afin de mettre un terme aux violences, qu'ils protègent les civils et qu'ils permettent aux agences des Nations unies et aux organismes humanitaires de venir en aide aux Rohingyas. Il a réclamé 'des pas immédiats' pour faire cesser la violence. S'agit-il de nettoyage ethnique?

Critiquée pour ne pas avoir réagi au drame frappant les musulmans birmans, Mme Aung San Suu Kyi, qui vient d'annuler un déplacement pour l'Assemblée générale de l'Onu débutant la semaine prochaine, a déclaré qu'elle "sortirait publiquement prochainement de son silence". "Quand un tiers de la population Rohingya doit fuir le pays, pensez-vous pouvoir trouver un meilleur mot pour décrire" la situation?, a-t-il répondu à un journaliste.

Les réfugiés arrivent au Bangladesh épuisés, démunis, affamés, après des jours de marche sous la pluie. La conseillère d'État du Myanmar (anciennement Birmanie) est la cible de pressions internationales pour que cesse la répression contre la minorité rohingyas par l'armée. Autorités locales et organisations internationales peinent à prendre en charge cette marée humaine, d'une ampleur sans précédent pour ce conflit.

Hier, une dizaine de prix Nobel ont appelé les Nations unies à "des actions audacieuses et décisives" et Suu Kyi a annoncé qu'elle ne se rendrait pas à l'ONU, comme prévu fin septembre. 'Nous vous demandons d'agir immédiatement pour faire cesser les attaques militaires aveugles sur des civils innocents', indique ce texte signé entre autres par le Bangladais Muhammad Yunus, la Pakistanaise Malala Yousafzai et le Sud-Africain Desmond Tutu.

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