Le journaliste Loup Bureau de retour en France

Loup Bureau libéré la Turquie reste

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"Il y a eu des changements, les gardiens ont commencé à comprendre que je n'étais pas un terroriste, que les faits qui m'étaient reprochés n'étaient pas forcément vrais", a-t-il ajouté. Sur Twitter, son avocat français, Martin Pradel, a posté une photo du jeune journaliste - 27 ans - auprès de sa famille, remerciant Emmanuel Macron et les ministres Jean-Yves Le Drian, Nicole Belloubet et Françoise Nyssen d'avoir "permis cette réunion".

"Je n'ai pas été maltraité physiquement mais il y a eu des menaces et des intimidations", a précisé le journaliste qui a été relâché vendredi 15 septembre. Le président Emmanuel Macron lui a parlé par téléphone. Qualifiant ses conditions de détention d'"un peu compliquées" au début, il a ensuite expliqué que ces dernières s'étaient améliorées "à partir du moment où M. Macron a annoncé qu'il demandait ma libération". "A partir du moment où il était en prison, les choses se sont normalisées". "C'est un grand soulagement pour nous tous", a écrit le président français.

Loup Bureau "a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste", a rappelé l'avocat.

Le journaliste avait été interpellé le 26 juillet à la frontière turco-irakienne, après la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme "terroriste" par Ankara).

Loup Bureau demeure cependant sous la menace d'une éventuelle condamnation. Mercredi soir, le procureur a rendu un acte d'accusation qui l'accuse rien de moins que d'appartenir à une organisation terroriste et il sera vraisemblablement jugé en son absence.

Un constat partagé par le père du reporter.

Cette libération "est un événement bienvenu mais la situation en Turquie n'a pas changé", a aussi déclaré Pierre Haski, président de RSF. Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés.

A son départ d'Istanbul, les autorités aéroportuaires avaient fait embarquer Loup Bureau "directement sur le tarmac, pour éviter tout contact avec les médias", d'après Reporters sans frontières, qui a fait campagne pour sa libération. Il avait été expulsé après un mois de détention.

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