L'efficacité de l'homéopathie est remise en cause, son remboursement aussi

Homéopathie

L'homéopathie pointée du doigt par les académies des sciences européennes

"On distingue deux types de médicaments homéopathiques: les médicaments homéopathiques à nom commun et les médicaments homéopathiques à nom de marque ou spécialités homéopathiques", précise le ministère de la Santé.

Les conclusions du dernier rapport de l'EASAC (Conseil scientifique des Académies des Sciences Européennes), publié le 20 septembre dernier, vont sans doute raviver la guerre entre pro et anti-homéopathie. Les auteurs se demandent en effet si cette méthode thérapeutique est utile ou nocive bien qu'elle soit utilisée en Europe par un grand nombre de personnes et pour un large éventail de maladies. Le regroupement européen de scientifiques ajoute qu'il n'y aucune maladie connue contre laquelle l'homéopathie a un effet durable et reproductible au-delà de cet effet placebo.

Les membres de l'EASAC reconnaissent qu'il est important de laisser au malade le choix de son traitement. Selon leur rapport, l'analyse des résultats disponibles montre que chaque cas pour lequel l'homéopathie se déclare efficace " peut s'expliquer par l'effet placebo, une mauvaise conception de l'étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication ".

Pour ces chercheurs, " les revendications scientifiques de l'homéopathie ne sont pas plausibles et sont incompatibles avec les concepts établis de la chimie et de la physique ". Mais ils estiment indispensable que ce dernier soit correctement informé, " ce qui nécessite un cadre réglementaire normalisé, basé sur la connaissance scientifique et utilisant des pratiques sérieuses de publicité qui puissent s'appliquer équitablement à tous les médicaments, quelles que soient leurs origines et quels que soient leurs mécanismes d'action ".

Huiles essentielles

La promotion et l'utilisation des produits homéopathiques risquent d'entraîner des dommages importants, déjà mentionnés. Pour l'EASAC, les systèmes de santé ne devraient pas offrir le remboursement de ces produits, "à moins que démonstration n'ait été faite, par des tests rigoureux, qu'ils étaient efficaces et sans danger".

En France, les médicaments homéopathiques doivent avoir fait l'objet d'un enregistrement ou posséder une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour pouvoir être commercialisés. En outre, l'homéopathie soulève des questions relatives au consentement éclairé du patient, dans le cas où des praticiens prescrivent ou recommandent des produits qu'ils savent biologiquement inefficaces.

Et pour fermer le ban, le rapport pointe le manque de contrôle lors de la fabrication des préparations homéopathiques et les problèmes potentiels de sécurité qui pourraient en découler. Cela implique que l'étiquetage actuellement autorisé de manière exceptionnelle pour les produits homéopathiques soit remplacé par une description simple des ingrédients et de leurs quantités présentes dans la formulation.

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