En Catalogne, les anti-indépendantistes manifestent à leur tour

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans les rues des villes de Catalogne

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi dans les rues des villes de Catalogne

Mais cet élan séparatiste qui va crescendo depuis plusieurs années divise l'Espagne et la Catalogne elle-même. Selon les organisateurs, ils étaient près d'un million et selon la police municipale, 350 000: des Catalans et des Espagnols venus d'ailleurs ont déferlé dimanche dans le centre de Barcelone pour défendre "l'unité de l'Espagne", à l'issue d'une semaine d'émotion et d'angoisse dans tout le pays. Le vice-secrétaire du Parti conservateur, Javier Maroto, a salué hier le réveil de "la majorité silencieuse", un "tournant" dans la crise, selon lui.

Le président régional de la Catalogne, Carles Puigdemont, a lui annoncé qu'il repoussait son intervention devant le Parlement local, prévue lundi. Il a également soutenu les centaines de milliers de Catalans descendus dans les rues ce week-end pour manifester leur hostilité à l'indépendance de la région. Mais l'interdiction pure et simple du référendum du 1er octobre par le gouvernement espagnol et les violences policières qui ont suivi ont attisé les tensions entre la région et Madrid. Cette décision se base en outre sur les résultats d'un scrutin boycotté par les opposants à l'indépendance (seulement 43% de participation), et dont les termes n'ont pas été, comme le veut la loi, écrits en concertation avec Madrid.

Une éventualité qui semble crédible aux yeux d'une quinzaine de grandes sociétés, dont deux grandes banques qui depuis jeudi se sont impliquées dans la bataille en décidant de transférer leur siège social hors de Catalogne.

L'organisation, qui s'est réunie en comité exécutif extraordinaire, affirme que les entreprises sont à un " degré maximal d'inquiétude ". Et dans le cas contraire? "Je n'écarte rien", a-t-il répondu au journal qui l'interrogeait sur l'application de l'article 155 de la Constitution permettant de retirer son autonomie à la région.

"Ne poussez pas le pays vers le précipice", a aussi imploré l'ancien ministre socialiste Josep Borrell, ex-président du Parlement européen, dans un discours de clôture de la grande manifestation de Barcelone.

"Elle réclame à Carles Puigdemont de " ne pas faire un pas de plus sur le chemin incertain " vers l'indépendance car cela " aurait des conséquences irréparables pour la Catalogne et l'Espagne ".

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