Affaire de Lafarge en Syrie : Laurent Fabius a-t-il délibérément aidé Daech ?

Laurent Fabius président du Conseil Constitutionnel. Wikimedia Commons

Laurent Fabius président du Conseil Constitutionnel. Wikimedia Commons

Lafarge, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, est au coeur d'une enquête sur les liens qu'il a pu entretenir, notamment avec l'EI, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya (nord de la Syrie) en 2013 et 2014, malgré le conflit. C'est le deuxième chef d'accusation sur lequel la justice enquête, celui de " mise en danger d'autrui ". Cette procédure fait suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée le 15 novembre 2016 par Sherpa et l'ONG European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), ainsi que par 11 plaignants et ex-salariés syriens. "La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire (.) L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité"; déplore de son côté Marie Maure Guislain, responsable du contentieux de l'ONG Sherpa. Début octobre, l'association juridique Sherpa a déposé une " demande d'acte " afin que Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, soit auditionné.

L'ONG Sherpa a demandé l'audition par la justice de l'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius dans l'enquête sur le cimentier Lafarge, mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie dont l'organisation Etat islamique (EI), a-t-on appris vendredi auprès d'une de ses responsables. Onze anciens salariés de l'usine syrienne ont saisi la justice française pour "mise en danger de la vie d'autrui". "Le Quai d'Orsay n'a eu de cesse de dire que tout allait s'arranger et qu'il fallait tenir".

Entre le groupe Lafarge et le ministère français des Affaires étrangères, les versions sont diamétralement opposées. Certains auraient même dit que le Quai d'Orsay les aurait poussé à rester en Syrie malgré la guerre. Cité par Franceinfo, le directeur général adjoint de Lafarge assure que l'Etat était tout à fait au courant de l'activité du groupe en Syrie, et l'incitait à poursuivre. Une source diplomatique assure au contraire à Franceinfo que le quai d'Orsay avait "alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie".

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